Retraite et travail à temps partiel, une recette payante?

Retraite et travail à temps partiel, une recette payante?

Retraite et travail à temps partiel, une recette payante?

Il y a mille et une raisons de travailler à temps partiel au moment de notre retraite : besoin d’interagir avec d’autres personnes, besoin de se sentir utile, besoin de se réaliser, besoin de vivre une passion ou besoin d’un revenu d’appoint. Mais travailler à temps partiel lorsque l’on est retraité, est-ce plus rentable que faire du bénévolat? La réponse est oui, évidemment. Par contre, une fois les impôts payés et les impacts sur les programmes sociaux considérés, il se peut parfois que ce ne soit pas beaucoup plus avantageux.
Un revenu supplémentaire entraine des impôts à payer. C’est logique. Ça peut
aussi entrainer la perte de certains crédits d’impôt et la perte de certaines
prestations. Heureusement, pour s’ajuster au manque de main-d’œuvre et
favoriser le retour au travail après la retraite, certains allégements existent.
L’effet du travail à temps partiel peut devenir négatif lorsque le revenu supplémentaire vient affecter les prestations de retraite reçues. Par exemple, lorsque le revenu supplémentaire entraine la perte du supplément de revenu garanti (SRG) ou le remboursement de la pension de la sécurité de la vieillesse (PSV).

Retraités éligibles au supplément de revenus garantis

Le SRG est une prestation mensuelle pour les retraités ayant des revenus faibles. En 2021, on parle d’un revenu inférieur à 18 984 $ pour les célibataires et inférieur à45 504 $ pour les retraités ayant un conjoint. Ces revenus minimums n’incluent pas la PSV. Attention! Il ne faut pas confondre avoir de faibles revenus et être pauvre, puisque le programme ne tient aucunement compte des actifs de la personne. On peut donc avoir beaucoup d’épargne, une maison payée, un motorisé, etc., mais avoir très peu de revenus.


Pour les retraités recevant le SRG, la règle de base est que pour chaque dollar gagné en excédent du seuil prévu on perd 0,50 $ de notre supplément. Quand on ajoute à ça l’impôt à payer, il peut arriver que l’on travaille pour pas grand- chose. Faisons un calcul rapide. En supposant un taux d’imposition à 30 %, on peut dire que pour chaque dollar gagné on perd 0,80 $. Ouch! Ça coupe l’envie de retourner sur le marché du travail.


Heureusement, des mesures d’allégement ont été adoptées. Depuis juillet 2020, le premier 5 000 $ de revenus d’emploi n’aura aucun impact sur le supplément reçu. Les 10 000 $ suivants auront un impact diminué.

Retraités ayant des revenus de retraite élevés

Par ailleurs, les retraités qui ont des revenus élevés et qui reçoivent leur PSV devront rembourser une partie de celle-ci. Pour chaque dollar de revenus au- dessus de 79 845 $, le prestataire devra rembourser 0,15 $. En supposant un taux d’imposition de 40 % et le montant à rembourser de la PSV, il resterait 4 500 $ au retraité qui aurait gagné 10 000 $.
Stratégie pour diminuer les impacts du retour au travail. Heureusement, avec l’aide d’un bon conseiller, il est possible de mettre en place diverses stratégies pour rentabiliser un retour au travail

Reporter le début des rentes pour les bonifier

Le retraité pourrait décider de reporter le début de ses prestations de retraite afin de les bonifier. Reportée à 70 ans, la prestation de la RRQ pourrait augmenter de 42 % et la PSV de 36 %.

Planifier le décaissement de l’épargne enregistré

La planification des retraits des REER est trop souvent négligée, même s’il est payant de s’y attarder. Ce n’est pas parce qu’une personne a besoin de liquidités supplémentaires qu’elle doit nécessairement faire un retrait d’un REER.
Considérant les taux d’intérêt actuels, pourquoi ne pas prendre temporairement de l’argent sur une marge hypothécaire plutôt que de faire des retraits REER qui s’ajouteront aux revenus ?

Cotiser à son reer

Même lorsque l’on retire un revenu de pension, il est possible de cotiser à son REER. On peut donc durant quelques années, cotiser à notre REER afin de ne pas affecter à la baisse notre supplément de revenus garantis ou notre pension de sécurité de vieillesse

Au-delà de l’argent

Bien entendu, tant qu’à travailler, il est intéressant de mettre toutes les stratégies possibles en place pour qu’il nous reste le plus d’argent possible dans nos poches. Une fois les impacts financiers établis, il ne faut pas perdre de vue que certains veulent retourner sur le marché du travail pour leur santé financière et que d’autres y retournent pour leur santé mentale.


Source : Magazine Ici Maintenant, octobre/novembre 2021, par Dominique
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